
Formation achats responsables : comment intégrer la RSE sans perdre en performance
Formation achats responsables : comment intégrer la RSE sans perdre en performance Formation individuelle Achats responsables et performance sont-ils vraiment


Transformation digitale, durabilité, gestion du risque, performance, intelligence artificielle
Dans cet épisode de Capsule Achats, Bethy (Jean-Philippe N’Guessan) raconte un parcours international (Côte d’Ivoire, Belgique, France) et une conviction simple : les achats ne sont plus une fonction “support”, mais une fonction de pilotage.
Bethy résume son expérience en une compétence : l’adaptabilité — aux marchés, aux personnes, et même au “langage” interne de l’entreprise.
Il insiste sur un point rarement dit aussi directement : les achats ne gagnent pas en influence en parlant “achats”, mais en parlant business (qualité, time-to-market, performance, durabilité).
Dans l’épisode, il compare aussi les priorités par pays : plus orientées coûts en Côte d’Ivoire, plus sensibles à la durabilité en Belgique (contexte Covid), et davantage tournées vers l’efficience et l’accélération en France.
C’est typique d’un achat mature : les critères ne disparaissent pas, ils se rééquilibrent. Le prix reste un critère, mais on ajoute (ou on remonte) le risque fournisseur, la continuité d’activité, la conformité, l’ESG, et la vitesse d’exécution. Résultat : l’acheteur devient un arbitre multi-critères, pas un simple négociateur.
L’un des passages les plus concrets concerne son expérience d’approvisionnement : forecasting, rotation des stocks, obsolescence, et pression du commerce. Il décrit la tension permanente entre “commander pour ne pas perdre une opportunité” et “ne pas empiler de l’ancien stock”.
Concept : c’est exactement là que l’on voit la création de valeur achats :
réduire le “coût visible” (prix) est utile,
mais réduire le coût total (obsolescence, stockage, rupture, pénalités, image) est souvent bien plus rentable.
C’est aussi une raison pour laquelle achats + supply chain sont historiquement liés, comme il le rappelle.
« Il n’y a pas de langage achats… il y a le langage de l’entreprise. »
Cette phrase résume la posture : l’acheteur qui pèse est celui qui sait traduire une demande interne en exigences marché, puis la ramener en décision lisible pour le business.
Bethy travaille aujourd’hui sur des projets de transformation digitale, dont la mise en place d’un outil de relation fournisseurs (il le décrit comme un CRM pour gérer la relation fournisseur entre filiales). L’enjeu central, selon lui : aligner finance, achats et technique — et éviter qu’un acteur “quitte la table”, ce qui bloque le projet.
Complément concept : dans ces projets, on parle souvent SRM (Supplier Relationship Management). La réussite ne dépend pas seulement de l’outil, mais de 3 piliers :
gouvernance (qui décide quoi),
process (qui fait quoi, à quel moment),
données (qualité, ownership, règles).
Sans ça, le meilleur logiciel devient un “Excel plus cher”.
Un exemple très parlant : la saisie documentaire et la responsabilité des informations fournisseurs. D’un côté, certains pays délèguent tout à l’acheteur ; de l’autre, la France sépare achats (relation) et finance (paiement) pour dissocier donneur d’ordre et payeur, avec une logique de contrôle interne.
Concept : c’est le principe de séparation des tâches (segregation of duties). On y gagne en maîtrise du risque (fraude, erreurs, non-conformité), mais il faut accepter un coût : plus d’étapes, plus de coordination. D’où la nécessité d’arbitrer et d’assumer une décision.
Sur l’IA, le diagnostic est lucide : beaucoup d’entreprises se forment, mais certaines interdisent l’usage en production (freins DSI, confidentialité, méconnaissance des options “serveurs internes”).
Le podcast distingue aussi l’IA de la simple automatisation (RPA) et pointe un risque : que d’autres fonctions s’équipent plus vite, pendant que certains acheteurs restent “à l’ancienne”.
Concept : l’IA utile en achats n’est pas seulement “rédiger un email”. Les cas à fort ROI sont plutôt :
lecture et analyse d’appels d’offres / cahiers des charges,
cartographie fournisseurs, sourcing assisté,
détection de risques et signaux faibles (ruptures, réputation, conformité).
Bethy le dit sans détour : “l’IA n’attendra personne”.
Le lien RSE–digital–IA passe par des scorecards de durabilité et des critères RSE dans les appels d’offres.
Et la vision projetée est intéressante : anticiper la perte d’un score ou un risque (presse, scandales, travail d’enfants dans une tier-list fournisseurs…) grâce à des signaux externes.
Concept : c’est l’évolution logique : on passe d’un ESG “déclaratif” (questionnaires) à un ESG piloté (scores, preuves, alertes, plans d’actions), intégré dans les décisions achats.
Le fil rouge du podcast, c’est la curiosité : comprendre, questionner, apprendre — y compris sur des sujets techniques comme les subtilités liées aux incoterms selon les zones.
Bethy pousse aussi une idée motivante : l’ère des “acheteurs augmentés”, formés en continu (en ligne, contenus internationaux, IA comme accélérateur), et capables de rester au niveau d’un métier qui bouge vite.

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